Vendredi 12H30, ça y est j’ai acheté mon premier BE ! Le dernier ? C’est ce qu’on va voir. BE est le nouvel hebdomadaire lancé par le groupe Lagardère, blablabla blablbla ...
Les Bees est le nom donné aux filles appartenant à la communauté Be. Dès les premières pages l'idéologie web 2.0 "toutes les rédac' elles sont gentilles et toutes les rédac elles sont comme nous" est clairement exprimé. On sort les gros sabots au cas ou les gentilles lectrices seraient un peu dur de la feuille : "Les Bees c’est nous, et c’est surtout vous"
. Ok je veux bien être une Bee comme Daphné mais je veux sa garde robe et son compte en banque, merci. On ressent vraiment la volonté de calquer les codes des blogs modes qui font le buzz où une
Géraldine, une personne comme vous et moi, se prend en photo, emploie un ton complice et noue une relation avec son lectorat.
Ainsi on a le droit aux confessions de Camille, chroniqueuse et rédactrice de l'article "Est ce plus dur se faire larguer par un moche?" qui écrit (
pola de droite, encart jaune) « Je suis célibataire. Enfin ça dépend des jours. Et des mecs que je croise. » Elle parle comme elle écrit Camille, c'est trop une fille comme nous quoi ! Ok j’exagère peut- être un chouilla mais on est quand même pas loin du stéréotype d’une
Marion qui raconte sa vie sentimentale sur son blog. Sauf que ce ton employé dans un magazine papier, ça ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce que les magazines papiers ce n'est pas le même format qu'un blog. Le blog à la caractéristique d'être un média instantané et la fraicheur du ton correspond à l'état d'esprit du blogueur au moment de la rédaction. Le magazine papier c'est des réunions, du placement de produit, des bouclages, des relectures...Le ton employé pour nous donner l’impression que se sont des filles comme nous sonne faux. La tranche de vie personnelle racontée par les rédactrices de Be pour nous laisser croire que se sont des filles trop cools et accessibles sonne tout aussi faux. Pourquoi ? Parce que ce ton surfait pue la stratégie marketing. Les blogueuses elles sont authentiques & libres comme l’air (
enfin presque) ! Be ça ressemble aux petits bijoux de blogs mode qui fleurissent sur la toile sauf que c'est du toc !

Daphné Burki, qui présente une chronique tous les midis dans l’édition spéciale sur Canal+, tient une rubrique. J’avais hâte de la découvrir, je l’admire beaucoup en tant que chroniqueuse. Alors ? Sa rubrique est un peu (beaucoup?) creuse, on sent l’inspiration de la rubrique de Fonnelle qui écrit dans Elle, sauf que ça ne fonctionne toujours pas. Fonnelle chaque semaine elle test pour les lectrices de Elle, des objets farfelus, par exemple les sabots Chanel et elle passe la journée avec et nous raconte heure par heure avec beaucoup d’humour ses péripéties. La Daphné se propose d’aller dans la rue avec la combinaison Gaultier. Sauf que la combi’ Gaultier qui pense l’acheter cet été pour se promener sur les bords de plage ? Ce que je veux dire par là c’est que le produit testé il est vieux de 10 ans et peu de Bees vont pouvoir se le payer. Tandis que les sabots même si là encore peu de lectrices "Elle" craqueront sur les sabots Chanel mais certaines achèteront le modèle que André ou Bata propose dans leur collec' de cet été. Finalement tout ça tourne vite à un « regarde comment je suis trop une geudine, je me balade dans la rue avec la combi Gaultier et j’ai même pas honte !»
Et on remet une couche de web 2.0 avec un Lol dans un encart, (pola de droite) histoire de rappeler que chez Be « On est jeune, on surfe sur la toile, on est comme vous! »

Niveau fringues ? Pour le premier numéro ils ont quand même osé le dossier « Fantaise Militaire ». C’est sur chez Be, se sont de véritables kamikazes. La mode des treillis militaires est terminée depuis 10 ans et c’est temps mieux ! La sélection vêtements & chaussures est très surprenante puisque qu’on trouve des pièces Azzedine Alaia à 1040€ et juste à coté des shoes Bonprix à 29,90€. Du coup force est de reconnaitre qu’il y en a pour toutes les bourses. Bien que perso, je préfère, quand le magazine Elle, par exemple, fait ces dossiers mode « spécial – de 50€. » C’est plus clair.

Quoi d’autre ? En fait plus ma lecture avance et plus je me dis « Noé tu ne dois pas être dans la tranche d’âge» Pourtant sur le communiqué de presse il est écrit que le magazine s’adresse au « 20-35 ans ». On trouve un reportage sur le Viagra pour les femmes qui n'ont plus d'envies sexuelles après plusieurs accouchements et quelques pages plus loin on trouve un article sur Robert Pattinson, le beau gosse adulé par les collégiennes aux hormones en ébullition…

"Mais non, t’as rien compris" que Nathalie la Brand Manager trop cool elle me dirait. Be c’est un magazine inter-générationnel ! Et comme si on avait peur que se soit pas bien compris, on interview Vanessa Paradis et on met en exergue la petite phrase qui va bien « J’ai une fille de 11ans et je regarde toujours la Boum avec elle. » Maman, t’as vu comment elle est trop cool Vaness’ !
Et puis si maman et sa petite fille adorée peuvent acheter le sac Zadig & Voltaire (pola de droite) vendu dans la boutique online Be ça serait sympa. Avec cette promo de malade (269 euros au lieu de 310) on ne peut que craquer ! Comme ça en plus de partager Be, elles se partageront aussi le sac des mamans trop jeunes et des ados trop branchés (gâtés).

Ouch, certaines rubriques me rappellent le courrier des lecteurs de mes Girls d’en temps : « C’est ma meilleur amie mais parfois je la déteste » assorti à un petit test qui va bien avec « êtes-vous envieuse ? » Ouai les coupines on va trop se loliloler le soir sous la couette ! La page d’après on a aussi un « Be for me, petite engueulade entre amants » ou un couple témoigne de leur crise conjugale à cause de la télécommande. La on atteint le pathos des émissions de Jean Luc Delarue… Sans est trop pour moi, je referme le magazine et me promet de ne jamais appartenir à la catégorie maman/copine et de faire de ma fille une grosse meringue qui pense avec le porte monnaie.